Rapport de synthèse
Caractéristiques biométriques et état de développement des
gonades du lot de tetraodons
(Tetraodon
nigroviridis) sacrifiés le 20 février 2003 à l’unité
SCRIBE de l’INRA à Rennes.
Chantal Cauty, Emmanuelle Gueguin, Yann Guiguen et Bernard Jalabert.
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INRA-SCRIBE, Campus de Beaulieu,
35042 Rennes Cedex
Rappel des
objectifs de la prestation de service entre l’INRA, Unité SCRIBE, et le CNRG,
signée le
27/02/2003 : …déterminer l’état de maturité des gonades mâles et femelles des
poissons
disponibles dans le commerce, afin d’évaluer la stratégie à mettre
éventuellement en
oeuvre pour
obtenir la maturation des gamètes. Pour cela, il est envisagé de procéder à des
études histologiques
sur des spécimens de Tetraodon
nigroviridis juvéniles et adultes des
deux sexes.
Matériel
et méthodes :
Après
anesthésie, les trente poissons fournis par le Génoscope
et provenant du commerce de
l’aquariophilie ont été
pesés, mesurés, puis sacrifiés pour prélèvement des gonades. Celles-ci
ont été
fixées au Bouin Hollande durant 5 jours, déshydratées sur automate par des
bains
d’éthanol et de butanol I, puis incluses dans la paraffine. Les gonades ont
ensuite été
sectionnées (coupes à
5 µm d’épaisseur), les coupes déposées sur lame,
déparaffinées puis
colorées
(trichrome hématoxyline de Régaud – orange G – bleu d’aniline),
et enfin observées
sous
microscope optique pour confirmation éventuelle du sexe macroscopique observé,
et
détermination précise
du stade de maturité. Les coupes les plus représentatives ont été
photographiées (appareil
numérique Olympus Camedia
Master).
Observations
:
Sexe
et caractéristiques morphologiques externes (Cf.
tableau 1 et figure 1)
Aucun
dimorphisme sexuel évident, de taille, de poids ou de coloration, ne permet d’identifier
le sexe des
individus. Après sacrifice des 30 poissons l’examen macroscopique des gonades,
paires, a permis
d’identifier 19 femelles et 5 mâles. Sur les 6 individus non identifiés
macroscopiquement, 4 ont
été identifiés comme mâles après examen histologique, et 2
individus n’ont pu
être sexés, les gonades très immatures ou stériles n’ayant pas pu être
identifiées et
prélevées correctement.
Structure
et état de développement des gonades femelles :
Les
gonades femelles présentent une structure classique en “ lamelles ovigères ” (Cf. fig. 2A).
Le
diamètre des ovocytes en prévitellogenèse (fig. 2B)
ne dépasse pas 100 µm. Le diamètre
maximum observé
pour les ovocytes en vitellogenèse (fig. 2C) est de l’ordre de 500 µm. Des
atrésies peuvent
être observées à tous les stades et sont particulièrement visibles chez les
femelles en pleine
vitellogenèse (fig. 2D).
Le
développement des ovocytes en vitellogenèse apparaît
relativement synchrone.
Structure
et état de développement des gonades mâles :
La section
transversale des gonades immatures présente une forme en “ haricot ” (fig. 3A ) et
montre une
structure classique en tubules séminifères où ne sont présents, à ce stade, que
des
nids de
spermatogenèse organisées en cystes (fig. 3B).
En pleine spermatogenèses, tous les stades intermédiaires entre
gonies et spermatozoïdes sont
présents (fig. 3C). En fin de spermatogenèse et
tout début de spermiation, ne sont plus
visibles que des
amas de spermatozoïdes emplissant les tubules séminifères (fig. 3D)
Conclusions
:
1°) Dans l’état
de maturité où les animaux nous ont été remis, il ne semble pas possible de
distinguer les deux
sexe sur la base de critères morphologiques (taille, poids, coloration…). Si
un stade de
maturité plus avancé peut être obtenu en captivité, il n’est toutefois pas
exclu que
des mâles
matures spermiants puissent être identifiés en tant
que tels.
2°) l’état
de maturité des animaux les plus avancés (5 mâles et 10 femelles), montre qu’une
partie d’entre
eux a pu effectuer une gamétogenèse presque complète dans les conditions où
ils étaient
élevés avant d'être sacrifiés. Il n’est donc pas exclu de pouvoir induire la
ponte
ovulaire et la spermiation par un traitement approprié à adapter à cette
espèce (manipulation
des facteurs
externes ou traitements hormonaux).
3°) Par
contre, la forte proportion d'atrésies observée chez les femelles en vitellogenèse
suggère que les
phases finales (fin de vitellogenèse, maturation,
ovulation) aient été bloquées
du fait d’événements
antérieurs à leur arrivée au laboratoire (modalités d’élevage, de
transport ou de
stockage des poissons).
Il serait
certainement très utile d'en savoir un peu plus sur l'origine et le
"vécu" de ces
poissons avant
leur arrivée au laboratoire.
Figure 1 :
Mensurations corporelles en fonction de l'état de maturité sexuelle
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Figure 2a :
Section d’un ovaire en prévitellogenèse montrant une structure classique en "lamelles ovigères"
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Figure 2b :
Détail de lamelle montrant des ovocytes à différents stades de prévitellogenèse
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Figure 2c :
Ovocytes en pleine vitellogenèse
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Figure 2d :
follicule atrétique dans un ovaire en pleine vitellogenèse
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Figure 3a :
section transversale d’un testicule immature (vue générale).
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Figure 3b :
section transversale d’un testicule immature (vue de détail montrant la structuration des tubules séminifères).
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Figure 3c :
détail d’une section de testicule en pleine spermatogenèse montrant différents stades de cellulaires de la spermatogenèse.
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Figure 3d :
détail d’une section de testicule en fin de spermatogenèse montrant les tubules séminifères remplis de spermatozoïdes.
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