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« […] Le projet français : une bactérie « multicellulaire »
L’intérêt principal de l’organisme imaginé par les étudiants franciliens réside dans la possibilité de découpler l’expression d’un gène étranger ou transgène de la reproduction de l’organisme. Il ouvre ainsi la voie vers la production de composés toxiques pour la division cellulaire. L’expression de transgènes par des bactéries en bioréacteurs est devenue une méthode classique de production de certaines molécules (comme l’insuline). Cependant dans bien des cas, la synthèse du composé souhaité est toxique pour la bactérie. Cela limite, de fait, le rendement possible car on doit trouver un compromis entre la croissance de la bactérie et la production. En revanche, dans ce nouvel organisme bi-cellulaire, si seules les cellules « somatiques » expriment le transgène, alors on doit en principe pouvoir atteindre dans ces cellules des concentrations bien supérieures à ce qu’il est possible d’atteindre dans les systèmes d’expression classiques. Certes existe toujours un équilibre entre la croissance et la production du composé toxique. En effet ce composé ne doit ni empêcher les cellules somatiques de nourrir les cellules germinales, ni empoisonner ces dernières en diffusant trop aisément. Mais cet équilibre est déplacé vers une plus forte production en comparaison avec un système d’expression classique.
Une autre application consisterait à utiliser les cellules somatiques pour exprimer un transgène en dehors du laboratoire sans risque de fuite dans l’environnement. On peut en effet facilement induire la différenciation de toutes les cellules de la bactérie multicellulaire en cellules somatiques, incapables de proliférer. En revanche, elles continuent à grandir durant plusieurs heures en formant de longs filaments. Une application potentielle serait de faire stocker aux cellules somatiques des triglycérides dans des corps d’inclusion. Ces cellules pourraient être ingérées pendant le repas et absorberaient à notre place la graisse des aliments. Ce projet nommé « Diet Coli » (postiche du « Diet Cola ») est réalisable par expression de l’enzyme DGAT (diacylglycerol acyltransferase). L’équipe a montré que l’expression de la DGAT de Acinetobacter ADP1 [5] par E. coli induit en effet la synthèse de triglycérides, dans des proportions encore augmentées si des acides gras sont présents dans le milieu. […] »
Extrait de l’article :
« Succès de la première équipe française lors de la compétition iGEM de biologie synthétique »
David Bikard, François Képès, au nom de l’équipe iGEm Paris
Médecine/Sciences 2008 ; 24 :541-4
Pour en savoir plus :
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Fax: (+33) 0 1 60 87 25 14
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