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Les chaetognathes sont de petits invertébrés marins (longueur de 2 à 120 millimètres), pour la plupart planctoniques. Leur corps transparent, longiligne et fuselé, doté d’ailerons latéraux et caudal, leur a valu le nom d’« arrow worms » (vers flèches). Ces animaux nageurs sont des prédateurs : ils possèdent autour de la bouche des crochets chitineux, rétractables au sein d’un capuchon, d’où leur nom grec (chaetognathe, poil-mâchoire). Ils se nourrissent de petits invertébrés tels que les copépodes, voire d’alevins. Le plan d’organisation des chaetognathes est très simple : deux septa transverses cloisonnent la cavité générale et délimitent une tête, un tronc (avec le coelome génital femelle) et une queue (avec le coelome génital mâle). Les individus sont hermaphrodites et la fécondation est interne. Le développement est direct. On rencontre des chaetognathes dans les eaux côtières aussi bien en Méditerranée qu’en Atlantique et en Manche.
Les chaetognathes constituent un petit phylum d’une centaine d’espèces. Malgré sa modestie, ce groupe suscite la curiosité des chercheurs depuis plus d’un siècle, car il ne trouve pas facilement sa place au sein de l’arbre des animaux bilatériens (les animaux dotés d’une symétrie bilatérale, à la différence des éponges et des méduses, par exemple). En 1844, Darwin mentionnait ainsi ces animaux « remarquables par l’obscurité de leurs affinités ». Par la suite, ils ont été classés dans un grand nombre de positions différentes. Avant l’avènement des phylogénies moléculaires, les zoologistes tendaient plutôt à les placer avec les Echinodermes (étoiles de mer), les Hémicordés et les Cordés (ascidies, Vertébrés) au sein du groupe des Deutérostomiens, c’est-à-dire les animaux dont la bouche se forme secondairement, et ne dérive jamais du premier orifice de l’embryon. Les chaetognathes présentent en effet ce caractère, ainsi qu’un autre caractère partagé par les Deutérostomiens : la formation du coelome par entérocoelie. Leurs cellules photoréceptrices les rapprochent également des Cordés. Toutefois, d’autres caractères les rapprochent des Protostomiens, l’autre grand groupe d’animaux bilatériens (Mollusques, Annélides, Arthropodes, Nématodes, etc.). C’est le cas de la position ventrale de la chaîne nerveuse et de la présence de chitine. Enfin, les études de phylogénie moléculaire, qui divergent parfois, s’accordent au moins sur un point : elles excluent l’appartenance des chaetognathes aux deutérostomiens sensu stricto. Toutefois, la fiabilité de ces travaux de ces travaux est limitée par l’artéfact de l’attraction des longues branches : l’évolution rapide des séquences des gènes étudiés jusqu’ici chez les chaetognathes conduirait à déporter cette lignée vers une position basale dans l’arbre.
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