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Les Propionibactéries sont Gram +, non mobiles, non sporulantes, anaérobies à aérotolérantes, de formes variées (cocco&iauml;des, bifides ou branchées) et mésophiles. Elles appartiennent à la classe des Actinobactéries (à contenu élevé en GC) et à l’ordre des Actinomycetales. Le genre Proponibacterium est divisé en propionibactéries « cutanées » et « laitières ». La souche séquencée est la souche type CIP103027 de Propionibacterium freudenreichii ssp. shermanii possède un chromosome circulaire d’environ 2.5 Mb (Gautier et al. 1992) et un contenu en GC de 67 %. L’espèce P. freudenreichii appartient au groupe des bactéries propioniques laitières, sa croissance est optimale à 30�C en anaérobiose et elle forme des colonies de couleur crème sur milieu gélosé contenant du lactate et de l’extrait de levure en 5 à 6 jours.
Les propionibactéries laitières sont couramment trouvées dans le lait et les produits laitiers, mais elles ont également été isolées du sol, de l’ensilage, de la saumure de fermentation des olives et des distilleries de rhum (Cummins & Johnson, 1986).
P. freudenreichii est essentielle comme levain d’affinage dans la fabrication de l’emmental. Les propionibactéries se développent pendant l’affinage en cave « chaude » (24�C) et fermentent le lactate en acétate, propionate et CO2 avec un métabolisme original ([Meurice et al. 2004111#meurice]). Le propionate et l’acétate contribuent à la saveur de noisette et douce du fromage, tandis que le CO2 est à l’origine de la formation des ouvertures caractéristiques de ce type de fromage (Langsrud & Reinbold, 1973). Leur implication dans la protéolyse est faible par rapport aux bactéries lactiques ensemencées (Gagnaire et al. 2001).
En revanche, P. freudenreichii joue un rôle important dans la formation de composés d’arôme variés : acides gras libres issus de la lipolyse et composés ramifiés dérivés du catabolisme de l’isoleucine et de la leucine (Thierry et al., 2005). L’activité lipolytique des propionibactéries est 100 fois plus élevée que celle des bactéries lactiques (Dupuis et al., 1993). Les lipases et estérases des propionibactéries sont un des sujets phares de l’équipe de microbiologie de l’UMR STLO.
Le potentiel probiotique de ces bactéries fait l’objet d’un intérêt
récent et grandissant. Elles produisent de la vitamine B12 et inhibent
la microflore indésirable en libérant des acides organiques et des
bactériocines dans les aliments fermentés.
Il a été montré qu’elles modulent de manière bénéfique la flore
colique des animaux (Perez Chaia et al. 1999) et de l’homme (Bougle et al., 1999), principalement en favorisant la population indigène
bifide. Chez les ruminants, elles permettent une meilleure
exploitation du fourrage et stimulent la croissance
(Mantere-Alhonen, 1995). Elles s’adaptent efficacement aux stress digestifs (Jan et al. 2001a ; Leverrier et al., 2003), restent vivantes dans le tractus
digestif humain (Jan et al., 2001b) et adhèrent aux cellules
épithéliales ainsi qu’au mucus de l’intestin (Zarate et al., 2002 ; Ouwehand et al., 2002). Des travaux récents de l’UMR STLO explorent
leur rôle potentiel dans la prévention du cancer colique. Ceci repose
sur leur capacité à diminuer les activités enzymatiques impliquées
dans la carcinogenèse (Perez Chaia et al., 1999) et à induire
l’apoptose de cellules d’adénocarcinome colorectal grâce à leurs
acides gras à courte chaîne agissant sur les mitochondries des
cellules cancéreuses (Jan et al., 2002). L’UMR STLO concentre ses recherches probiotiques sur ce dernier sujet.
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