Voici un extrait de l’intervention de Jean Weissenbach lors de l’Audition publique du 28 mars 2007 :
-"[...]
J’évoquerai principalement l’intérêt de la biodiversité des microbes dans un certain nombre d’applications, notamment dans le domaine de la chimie. Comme il a été souligné, nous ignorons encore le nombre d’espèces microbiennes existantes. Néanmoins, ce chiffre n’est pas aussi important que
les fonctions biologiques que sont capables de remplir ces microbes. Là encore, nous ne disposons d’aucun inventaire, ce qui nécessitera un effort
scientifique considérable.
S’il y a quelques jours, Craig Venter a publié une liste de sept millions de gènes d’origine microbienne, nous ignorons les fonctions de la moitié d’entre eux, si ce n’est qu’ils servent vraisemblablement à procéder à des bioconversions.
Or ces bioconversions sont essentielles pour préparer la chimie de demain. Dans la mesure où elle ne sera plus basée sur le pétrole, celle-ci nécessitera l’utilisation de catalyseurs et d’effectuer toute une série de réactions chimiques qu’actuellement, seule la nature est capable de faire. En effet, lorsque nous nous adressons à eux pour leur demander d’utiliser des enzymes, les chimistes nous répondent très souvent qu’ils n’y connaissent
rien.
J’ai notamment entendu ce type de réponse, il y a quelques semaines, lors d’une réunion de l’ANR, J’ai été particulièrement consterné de constater que nos collègues chimistes pensent encore en des termes très classiques. Il en
est même de nos industriels, la seule façon de les convaincre étant de leur
proposer des solutions « clé en main », c’est-à-dire de laisser le poids de l’effort de recherche sur les chercheurs.
Or, actuellement, la situation de la recherche en France en matière de biochimie est plutôt préoccupante. La biochimie a été remplacée en effet par la biologie moléculaire, dont je suis l’un des représentants. Ainsi, les étudiants ne veulent-ils pas entendre parler de métabolisme ou de biochimie. Il est par conséquent essentiel que nous arrivions à inverser cette tendance, en nous inspirant notamment de nos pays voisins, comme l’Allemagne qui dispose toujours d’un niveau très satisfaisant en matière de biochimie. De même, son industrie chimique pense-t-elle beaucoup en termes de bioconversion. Il en est de même aux Etats-Unis. Nous devons donc fournir des efforts importants auprès des industriels et des pouvoirs politiques afin de relancer la recherche dans ces domaines."
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