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« La biodiversité : l’autre choc »



Dans le cadre de l'étude de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques sur les apports de la science et de la technologie au développement durable, les sénateurs Pierre Laffitte et Claude Saunier ont invité plusieurs personnalités scientifiques pour répondre à leurs questions. Parmi ces personnalités, Jean weissenbach, le directeur du Genoscope, a participé à la table ronde : "Valoriser durablement la biodiversité. Comment la biodiversité peut-elle continuer à être la source des services indispensables et diversifiés que fournissent les écosystèmes, et devenir la future boîte à outils de la 4e révolution industrielle ?"


Voici un extrait de l’intervention de Jean Weissenbach lors de l’Audition publique du 28 mars 2007  :

-"[...] J’évoquerai principalement l’intérêt de la biodiversité des microbes dans un certain nombre d’applications, notamment dans le domaine de la chimie. Comme il a été souligné, nous ignorons encore le nombre d’espèces microbiennes existantes. Néanmoins, ce chiffre n’est pas aussi important que les fonctions biologiques que sont capables de remplir ces microbes. Là encore, nous ne disposons d’aucun inventaire, ce qui nécessitera un effort scientifique considérable. S’il y a quelques jours, Craig Venter a publié une liste de sept millions de gènes d’origine microbienne, nous ignorons les fonctions de la moitié d’entre eux, si ce n’est qu’ils servent vraisemblablement à procéder à des bioconversions. Or ces bioconversions sont essentielles pour préparer la chimie de demain. Dans la mesure où elle ne sera plus basée sur le pétrole, celle-ci nécessitera l’utilisation de catalyseurs et d’effectuer toute une série de réactions chimiques qu’actuellement, seule la nature est capable de faire. En effet, lorsque nous nous adressons à eux pour leur demander d’utiliser des enzymes, les chimistes nous répondent très souvent qu’ils n’y connaissent rien. J’ai notamment entendu ce type de réponse, il y a quelques semaines, lors d’une réunion de l’ANR, J’ai été particulièrement consterné de constater que nos collègues chimistes pensent encore en des termes très classiques. Il en est même de nos industriels, la seule façon de les convaincre étant de leur proposer des solutions « clé en main », c’est-à-dire de laisser le poids de l’effort de recherche sur les chercheurs. Or, actuellement, la situation de la recherche en France en matière de biochimie est plutôt préoccupante. La biochimie a été remplacée en effet par la biologie moléculaire, dont je suis l’un des représentants. Ainsi, les étudiants ne veulent-ils pas entendre parler de métabolisme ou de biochimie. Il est par conséquent essentiel que nous arrivions à inverser cette tendance, en nous inspirant notamment de nos pays voisins, comme l’Allemagne qui dispose toujours d’un niveau très satisfaisant en matière de biochimie. De même, son industrie chimique pense-t-elle beaucoup en termes de bioconversion. Il en est de même aux Etats-Unis. Nous devons donc fournir des efforts importants auprès des industriels et des pouvoirs politiques afin de relancer la recherche dans ces domaines."
 

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Actes de l’audition du 28 mars 2007
mise à jour le 29 mai 2008

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    Actes de l’audition du 28 mars 2007

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