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Les acanthocéphales (gr. Acanthus - épine Kephale - tête), communément appelés vers à tête épineuse, sont de petits bilatériens. Ils sont adaptés à une vie strictement parasitaire, infestant le tube digestif des arthropodes ou des mollusques durant les stades précoces de leur vie et des vertébrés à l’état adulte. Environ 1150 espèces ont été décrites.
La caractéristique la plus remarquable des acanthocéphales est le proboscis rétractable armé de plusieurs rangées d’épines chitineuses situé à l’extrémité antérieure du corps qui permet un ancrage solide dans la muqueuse intestinale de l’hôte. L’adaptation à un mode de vie parasitaire s’est accompagnée d’une simplification drastique de la morphologie. C’est pour cette raison que l’interprétation des caractères morphologiques fut délicate pour déterminer les relations phylogénétiques des acanthocéphales. Le corps non segmenté est cylindrique. La cavité générale est de type pseudocœlome. Les systèmes musculaire, excréteur et nerveux sont extrêmement réduits. Le ganglion central (cerveau) est situé à la base du proboscis et est constitué d’un petit nombre de cellules. Il est connecté aux récepteurs sensoriels du proboscis et projette une paire de nerfs latéraux dans le tronc qui innervent les muscles pour former un réseau complexe nommé retinaculum. Les systèmes respiratoire, circulatoire et digestif sont absents. Les nutriments sont donc directement absorbés au travers de la paroi corporelle.
Phylogénie et évolution des protostomes : les acanthocéphales sont-ils des Lophotrochozoa ?
Sur la base de la morphologie, le phylum fut traditionnellement rapproché des autres pseudocœlomates, notamment les rotifères, les nématodes, les nématomorphes, les gastrotriches, les kinorhynches et les priapulides. Plus récemment, le clade des Platyzoa fut définit comme un groupe de vers ciliés non segmentés, acœlomates ou pseudocœlomates, composé des acanthocéphales, rotifères, plathelminthes, gastrotriches, et des gnathostomulides. Les premières études phylogénétiques basées sur l’analyse de l’ARN ribosomal 18S et des séquences de gènes codants pour diverses protéines ont confirmé la nature polyphylétique des pseudocœlomates et les affinités étroites des acanthocéphales avec les rotifères (Syndermata). La séquence complète du génome mitochondrial a été isolée chez Leptorhynchoides thecatusis mais l’analyse de ces données n’a pas permis de préciser davantage les relations des acanthocéphales et des rotifères, ni même d’apporter de nouvel argument en faveur de l’hypothèse Platyzoa [1].
Variation phénotypique et spéciation chez les acanthocéphales
Les acanthocéphales ont des cycles biologiques complexes impliquant différents hôtes pour les étapes développementales et la croissance du parasite. Les œufs sont relâchés dans le milieu avec les fèces de l’hôte définitif. Le développement débute après l’ingestion des œufs par un invertébré, la plupart du temps un arthropode. Certaines espèces disposent d’un large choix d’espèces hôtes et de microhabitats et présentent des stratégies de transmission alternatives . La stratégie alternative inclut un hôte intermédiaire nommé paraténique. Le choix entre différents microhabitats repose sur la capacité d’infester différentes régions du tube digestif au sein d’un même hôte. En effet, certains individus constituent des populations présentes spécifiquement dans les caeca pyloriques, dans l’intestin ou dans les deux à la fois. Bien que des exemples de variation semblent induits par des facteurs environnementaux, il a été proposé chez plusieurs espèces une origine phylogénétique des différents écotypes (spéciation cryptique) [2].
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