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Les bactéries du genre Frankia appartiennent à la classe des actinobactéries. Ces bactéries étaient autrefois assimilées aux champignons en raison de leur morphologie hyphale. Il s’agit en fait de bactéries à Gram positif dont le génome présente un pourcentage élevé en bases G et C (haut G+C%). Parmi les actinobactéries figurent notamment les bactéries du genre Mycobacterium, auquel appartiennent les agents de la tuberculose et de la lèpre, et celles du genre Streptomyces, à l’origine de nombreux antibiotiques. Douze espèces de Frankia sont décrites à ce jour. Il s’agit de bactéries fixatrices d’azote qui vivent en symbiose avec un large spectre de plantes dicotylédones, appartenant à 24 genres répartis dans 8 familles. Ces plantes, avec leurs bactéries symbiotiques, sont collectivement responsables de 15% des entrées d’azote fixé biologiquement sur Terre. Les actinobactéries ne sont pas le seul groupe où figurent des bactéries fixatrices d’azote : on en trouve aussi chez les alpha protéobactéries - Azospirillum, qui améliore la croissance des graminés, ou Rhizobium, qui fixe l’azote au sein de nodules sur les racines des légumineuses - et chez les cyanobactéries - certaines espèces établissant par exemple une symbiose avec les feuilles de la fougère d’eau Azolla.
La souche ACN14a de Frankia alni a été isolée à partir des
racines d’un aulne crispé (Alnus crispa) poussant à Tadoussac,
au Canada. Cette bactérie est capable d’établir une symbiose fixatrice
d’azote avec les aulnes (Alnus spp.) et les myriques
(Myrica spp.), deux genres de plantes pionnières des régions
tempérées : on retrouve ces plantes dans les brûlis forestiers, sur
les remblais miniers, les dunes de sable et les moraines glaciaires où
l’azote est le facteur limitant. Frankia alni cause des
déformations des poils racinaires de l’hôte ; elle pénètre dans les
cellules corticales et induit la formation de nodules, qui ressemblent
à ceux induits par Rhizobium chez les légumineuses. Ces nodules
sont alors colonisés par des hyphes végétatives (filaments du
mycélium) qui se différencient en diazo-vésicules. C’est dans ces
cellules spécialisées sphériques à paroi épaisse que la fixation
d’azote réductrice a lieu, protégée de l’oxygène moléculaire par de
nombreuses couches de lipides hopano&iauml;des. Il n’existe pas encore de
système génétique permettant d’analyser la symbiose entre
Frankia et ses hôtes. Cependant, le séquençage du génome de la
souche ACN14a permettra de comprendre comment cette interaction
s’établit et fonctionne, quels métabolites secondaires sont produits
et comment l’évolution a procédé. La séquence du génome de
Frankia pourra en effet faire l’objet d’études comparatives
avec d’autres actinobactéries séquencées : Streptomyces,
Mycobacterium, Corynebacterium, Tropheryma et
Bifidobacterium.
Le programme de séquençage, initié sous la forme d’un projet collaboratif entre le Genoscope, le CNRS et l’Université de Lyon (Centre d’Ecologie Microbienne, UMR CNRS 5557), commencera en octobre 2003.
© Genoscope - Centre National de Séquençage
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Tél: (+33) 0 1 60 87 25 00
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