Toutes les versions de cet article :
La forêt couvre 26,6% des terres émergées, surface qui ne cesse de diminuer devant la pression de l’agriculture, surtout dans les zones tropicales. Avec 2% du produit intérieur brut mondial, la forêt représente le cinquième secteur d’activité économique, le secteur de la trituration (pâte, papier, panneaux) représentant 60% du marché. Le bois est aussi une source d’énergie naturelle renouvelable et constitue un puits de carbone important. En 1995, on estimait que 75% du bois d’industrie étaient produits par les « forêts naturelles », 25% étant issus de plantations industrielles. Au cours des prochaines décennies, l’augmentation de la population (8 milliards d’habitants en 2020) devrait entraîner un accroissement majeur de la demande de bois (+25% d’ici 2010, données FAO), surtout dans les pays en voie de développement. Afin d’éviter des prélèvements abusifs, les recommandations suivantes ont été émises en 1992 lors de la Conférence de Rio :
Ces quelques chiffres indiquent clairement la
nécessité d’augmenter la production de bois dans des plantations
industrielles dévolues à cette fonction, tout en essayant de diminuer
les pressions exercées sur les forêts primaires. L’accroissement de la
productivité passe par l’adoption de pratiques sylvicoles optimisées,
ainsi que par le développement de variétés génétiquement
améliorées. Les espèces forestières sont encore peu domestiquées,
elles renferment une diversité génétique élevée et des progrès
considérables peuvent être escomptés au cours des premiers cycles de
sélection. Ainsi, face à l’accroissement des besoins en bois de
l’industrie et de la société, les forêts cultivées auront un rôle
économique de plus en plus important à jouer. Cependant, dans un monde
qui change, les objectifs de production doivent tenir compte de
l’évolution rapide de l’économie (demande d’une matière première de
qualité) et des changements attendus de l’environnement (global
change). Il ne s’agit donc pas d’adopter un simple schéma
productiviste pour nos forêts tempérées, mais de prendre en compte
d’autres critères pour assurer leur pérennité.
Assurer la qualité
de la matière première et l’adaptation au milieu des arbres qui la
produiront constituent deux critères importants de la durabilité
et de la multifonctionnalité des écosystèmes forestiers, reconnus lors
des trois conférences inter-ministérielles sur la protection des
forêts européennes (Strasbourg 1990, Helsinki 1993 et Lisbonne 1998).
Les activités menées sur les différentes espèces du projet ForEST s’intègrent dans ces engagements internationaux et s’attachent à développer deux thématiques de recherches autour de la qualité du bois et l’adaptation au milieu. Partant du fait que la gestion durable des forêts passera par la connaissance des mécanismes moléculaires et physiologiques du fonctionnement des arbres, l’objectif scientifique de notre projet est d’identifier les gènes d’intérêt écologique et économique pour mieux valoriser et gérer les ressources génétiques forestières. Il s’agira plus concrètement d’utiliser ses outils moléculaires dans le cadre de programmes d’amélioration pour exploiter les ressources génétiques et dans le cadre de programmes de conservation pour gérer les ressources génétiques.
Le chêne sessile et le chêne pédonculé sont les deux
espèces feuillues les plus importantes en Europe tant sur le plan de
la surface forestière couverte que sur le plan économique (ressources
en bois). Ces deux espèces vivent en sympatrie mais occupent des
niches écologiques différentes : le chêne pédonculé pousse sur des
zones humides, riches en minéraux et supporte des périodes
d’engorgement en eau du sol mais est très sensible à la sécheresse
alors que le chêne sessile requière des sols plus secs, mieux drainés
et moins riches en minéraux.
Les contraintes environnementales subies par nos forêts tempérées sont
principalement liées aux aléas climatiques (sécheresse, vents,
incendies). Elles seront amplifiées dans les prochaines décennies par
le réchauffement global de la planète. Ces modifications génèreront
des pressions de sélection qui affecteront leur adaptation à un milieu
restreint en eau. L’alimentation en eau constitue en effet le
principal facteur limitant la croissance, voire de la survie des
arbres. Par ailleurs, les changements climatiques annoncés se
caractériseront par des modifications de la longueur des saisons de
végétation (dont dépend la date de débourrement du bourgeon
végétatif). En particulier, l’allongement de la saison de végétation
rendra d’autant plus sensibles les arbres aux aléas climatiques
(gelées tardives ou précoces). Dans ce contexte, il est urgent de
comprendre la capacité de réponse et d’adaptation des arbres à ces
modifications brutales. Nous proposons d’apporter des éléments de
réponse à ces questionnements en utilisant les outils de la génomique
fonctionnelle (transcriptome, protéome, cartographie génétique et
détection de QTL, étude d’associations en populations naturelles)
ainsi qu’en prenant en compte la diversité génétique des
chênes. L’approche que nous suivons s’appuie sur des compétences en
génétique (moléculaire, quantitative et des populations) disponibles
au sein de l’UMR BIOGECO, ainsi que sur une collaboration avec les
écophysiologistes de l’INRA de Nancy (UMR Ecologie et Ecophysiologie
Forestière).
© Genoscope - Centre National de Séquençage
2 rue Gaston Crémieux CP5706 91057 Evry cedex
Tél: (+33) 0 1 60 87 25 00
Fax: (+33) 0 1 60 87 25 14
Accueil
|
Présentation
|
Projets |
Actualités |
Panorama de presse |
Ressources |
Contact
RSS 2.0
| Plan du site
|
Crédits
|
Mentions légales