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Bacillus cereus F0837/76

Pourquoi séquencer une autre souche de Bacillus cereus ?

Les bactéries du groupe cereus sont omniprésentes et habituellement isolées du sol. Cependant, ces micro-organismes sont des vrais prédateurs et de temps en temps peuvent être isolés des insectes ou même des animaux morts dont ils sont responsables de leur décès.
Bacillus cereus est un éponyme pour le grand groupe de bactéries qui inclut B. thuringiensis (tueur d’insectes), B. anthracis (tueur des animaux), B. weihenstephanensis (capable de se développer dans le sol froid), B. mycoides (capable de former des filaments). Si aucune des propriétés ci-dessus n’est détectée, le bacille de ce groupe est habituellement appelé par le nom général : B. cereus.
Les bactéries de ce groupe attirent actuellement l’intérêt croissant des chercheurs qui travaillent sur bacilles et autres bactéries gram positives. Une des questions fondamentales et pratiques est comment l’adaptation écologique de ces bactéries produit des lignes pathogènes pour les animaux et les insectes (comme B. anthracis ou quelques lignes de B. thuringiensis). D’intensives études phylogénétiques ont indiqué la structure épidémique de cette population bactérienne. Il y a des souches de B. cereus qui sont non-dangereuses (celles-ci sont utilisées en tant que probiotiques pour les animaux), d’autres souches sont responsables d’intoxication alimentaire : émétique ou diarrhéique.
Les souches émétiques et également les souches de B. anthracis représentent de simples clones, mais les souches diarrhéiques ne peuvent pas être facilement distinguées. Il est très important de comprendre les différences génétiques entre les souches pathogènes et les souches non-pathogènes, et également les mécanismes concrets par lesquels ils peuvent évoluer de l’une à l’autre.

Il y a quelques années, des études sur la cartographie des génomes de ce groupe bactérien ont indiqué que l’évolution rapide pourrait être effectuée par un mécanisme de transferts d’ADN entre de grands plasmides, de bactériophages tempérés et les parties les plus mobiles du chromosome, situées quelque part entre 1 000 et 4 000 kpb.
L’analyse des génomes dont les séquences sont disponibles a indiqué également que cette partie du chromosome est la plus divergente entre différentes souches. La souche F0837/76 possède le plus petit chromosome « stable » et est très proche de B. anthracis. D’ailleurs elle peut également synthétiser des quantités significatives de toxines impliquées dans des symptômes diarrhéiques. Les études génomiques de cette souche, notamment sa comparaison détaillée à B. anthracis devraient dévoiler les particularités subtiles de l’organisation du génome qui sont liées à l’apparition d’un microbe pathogène.
L’accumulation des telles données inspirera certainement de nouvelles idées sur l’évolution rapide de ces bactéries, qui devraient permettre à des scientifiques de prévoir, et au besoin d’arrêter, son apparition pathogène potentielle.

mise à jour le 16 janvier 2008

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