Les microsporidies, composant un phylum comprenant environ 1200 espèces connues, sont des eucaryotes parasites intracellulaires obligatoires capables de parasiter pratiquement tout le règne animal, démontrant ainsi de formidables capacités d’adaptation. Ces parasites posent de réels problèmes en santé humaine et vétérinaire.
Le projet de
séquençage d’Encephalitozoon cuniculi a
été mené à son terme permettant d’obtenir des informations sur la
structure originale des chromosomes microsporidiens.
Afin d’approfondir la connaissance de ces pathogènes (capacités
métaboliques, relations hotes-parasites, structure des génomes), le
séquençage du génome de la microsporidie Brachiola algerae
(synonyme de Nosema algerae) a été entrepris.
Brachiola algerae a été découverte dans les larves des
moustiques Anopheles (Vavra and Undeen, 1970). Les spores
sont ovoïdes et mesurent approximativement 4,4 x 2,8 µm. Comme toutes
les microsporidies, Brachiola algerae présente un tube
polaire enroulé dans la spore qui permet l’invasion d’un nouvel
hôte. Cette structure d’infestation originale dans le monde vivant
permet le passage du sporoplasme infectieux (noyau, cytoplasme) du
parasite vers la cellule-hôte.
Tout au long des stades de développement (mérogonie : multiplication et
division cellulaire et sporogonie : différenciation de la spore) le
« noyau diplocaryotique » est maintenu. La multiplication végétative et
la différenciation se déroulent directement au contact du cytoplasme
de la cellule-hôte. Il est intéressant de noter les différences de
développement avec la première microsporidie séquencée,
d’Encephalitozoon cuniculi. En effet, E. cuniculi
possède un noyau monocaryotique, le cycle de développement se déroule
à l’intérieur d’une vacuole parasitophore et les spores sont de plus
petite taille (2,5 x 1,5 µm).
Les microsporidies étant des parasites intracellulaires, la
température de développement dépendra directement de la température du
corps de l’hôte. Ainsi, les microsporidies parasites d’insectes se
développent à une température inférieure ou égale à 35°C alors que les
microsporidies parasites de mammifères se développent à une
température supérieure ou égale à 37°C.
Concernant Brachiola algerae, les études démontrent que le
développement est également possible en culture cellulaire de
vertébrés à des températures variant de 24 à 38°C (pour revue voir
Lowman et al., 2000). De plus, B. algerae est capable
d’infester la queue et les coussinets de souris athymiques (Trammer et
al., 1997). Enfin, récemment Brachiola algerae a été
identifiée au niveau de la cornée chez un patient immunocompétent
(Visvesvara et al., 1999). Cet isolat humain a été utilisé pour
infecter des souris immunodéficientes (Koudela et al., 2001). Après
l’application oculaire, le développement parasitaire entraîne une
infection sévère du foie de la souris sans créer de lésion au niveau
de l’oeil. Les conditions physico-chimiques rencontrées au niveau de
l’oeil permettraient une adaptation métabolique de cette microsporidie
infestant principalement des organismes poikilothermes (insectes)
rendant ainsi possible l’infestation d’organismes homéothermes
(mammifères). Cette espèce possède donc des potentialités d’adaptation
importantes concernant le spectre d’hôte (insectes, mammifères), le
type cellulaire infesté (muscle, rein, cornée, intestin et la liste
est vraisemblablement loin d’être exhaustive) et capable de se
multiplier et se différencier dans une large gamme de températures
(24°C à 38°C).
Enfin, des études ont montré qu’une infection par Brachiola
algerae du moustique parasité par Plasmodium falciparum
entraînait une réduction du développement de l’agent du paludisme,
mettant ainsi en lumière un contrôle biologique éventuel (Margos et al., 1992).
Il semble donc judicieux de porter notre attention sur
Brachiola algerae (capacités d’adaptation) parasite de
moustique, capable également d’infester les mammifères et notamment
l’Homme, dans un contexte de séquençage des génomes de Plasmodium
falciparum (agent du paludisme), du génome de l’Anophèle (vecteur
de P. falciparum) et du génome humain.
© Genoscope - Centre National de Séquençage
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